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Ma sélection

Lot 8 - Kehinde Wiley (né en 1977, Etats-Unis) Ivelaw I (From the world stage: China), [...]

Estimation : 100 000 € / 150 000 €

Kehinde Wiley (né en 1977, Etats-Unis)
Ivelaw I (From the world stage: China), 2007
Huile sur toile, cadre laqué et doré à
la feuille d'or
Signé "Kehinde Wiley" au dos
75 × 64,5 cm
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Provenance
Rhona Hoffman Gallery, Chicago
Collection privée
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« Ce n’est pas mon rôle de porter un jugement. Les jeux qui m’intéressent ont beaucoup plus à voir avec l’utilisation du langage du pouvoir, et du vocabulaire du pouvoir, pour construire de nouvelles phrases. »
Kehinde Wiley
Cité dans Christopher Beam, Kehinde Wiley’s global reach, New York Magazine, 20 avril 2012.
Kehinde Wiley
La série The world stage: China de Kehinde Wiley est la première d’un projet qui conduira le célèbre artiste américain à Dakar et Lagos, en Jamaïque, en Israël, en France, en Inde et au Sri Lanka.... Parallèlement à la création d’un de ses studios satellites à Pékin, où il passe plusieurs mois par an depuis 2006, Wiley, qui parle couramment le mandarin, se confronte par ce travail entamé la même année à l’histoire de la propagande politique, qu’il rencontre pour la première fois à l’occasion d’un voyage effectué dans sa jeunesse, dans un camp artistique à Saint-Pétersbourg, en Russie.
« A partir du moment où il décide de travailler en Chine, Wiley estime qu’il est important que les peintures incarnent une référence spécifique à la culture chinoise. En découvrant des affiches de propagande datant de la révolution culturelle, Wiley trouve une corrélation entre la manière dont l’identité afro-américaine a été et continue d’être fabriquée et manipulée par les médias et la société, et la manière dont l’identité nationale chinoise a été déformée pendant l’ère maoïste. (...) Ces affiches, et les idées qu’elles ont générées, ont fourni à Wiley la base contextuelle de sa série. Comme dans ses oeuvres précédentes (où il réinterprète des chefs-d’oeuvre d’artistes tels que Titien et Tiepolo), Wiley positionne de jeunes hommes noirs contemporains dans des positions historiques, utilisant cette fois, les affiches de propagande comme point de départ. En transformant ces hommes ordinaires en figures héroïques, les modèles de Wiley (qu’il recrute dans diverses villes des États-Unis, et photographie) sont représentés dans des vêtements de tous les jours et entourés de motifs picturaux désormais inspirés de la peinture de paysage chinoise, de textiles anciens et de motifs empruntés aux céramiques traditionnelles. »
Jennifer Jankauskas, conservatrice associée des expositions, John Michael Kohler Arts Center, d’après J. Jankauskas, G. Tate, P. Miller, Kehinde Wiley, the world stage : China, New York, 2007.
Américain, de père nigérian, revisitant les icônes eurocentriques de l’histoire de l’art à partir de plusieurs studios à Pékin, New York et Dakar : Kehinde Wiley l’artiste, tout comme son oeuvre, est un pont entre plusieurs mondes et nous invite à remettre en question des notions préconçues d’identité, de classe et de genre. Dans Encourage good manners and politeness, Brighten up your surroundings with plants, 2007, la jeune chinoise au foulard rouge tenant une jeune pousse dans l'affiche initiale est remplacée par un jeune homme noir. Saisis dans le même geste, ils sont pourtant différents : alors que les yeux de la jeune fille sont baissés vers la plante qu’elle tient dans ses mains, le jeune homme fixe directement le spectateur, évoquant un multiplicité de sens rappelant les maîtres de la peinture flamande tels que Pieter Brueghel. L’oeuvre utilise le même fond à décors de chrysanthèmes que notre tableau, nous ramenant à la signification de cette fleur spécifique dans la culture chinoise, liée à la pureté et à la noblesse de caractère. Le chrysanthème est la fleur qui s’épanouit avec élégance en automne, laissant les autres fleurs se disputer l’attention au printemps. Le fait de voir ce motif répété sur fond rouge dans le portrait d’un jeune homme, qui nous est présenté par son seul prénom : Ivelaw, invite le spectateur à accorder les mêmes qualités au jeune homme représenté, un effet encore accentué par le menton relevé du personnage et son regard calme et confiant. Nous ne connaissons peut-être pas Ivelaw, mais nous savons qu’il existe. Une petite recherche nous permet de le retrouver dans un dessin, qui fait partie de la collection du Nasher Museum of Art à Duke University. Ici et là, Ivelaw est présent mais hors de portée. Les dimensions de l’oeuvre, en contraste avec l’échelle monumentale habituellement privilégiée par l’artiste, renforcent cette notion d’élégance discrète, et invitent à la contemplation - une incarnation du terme coolness a a moral quality théorisé par Robert Farris Thompson dans son livre fondamental Flash of the spirit : African and Afro American Art and Philosophy.
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“It’s not my job to judge. The games I’m playing have much more to do with using the language of power and the vocabulary of power to construct new sentences.”
Kehinde Wiley
As quoted in Christopher Beam, Kehinde Wiley’s global reach, New York Magazine, 20 April 2012.
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Kehinde Wiley’s World stage: China series is the first in a project that would take the acclaimed American artist to Dakar and Lagos, Jamaica, Israel, India and Sri Lanka, France... Concurrently to setting up a studio in Beijing, where he has spent several months a year since 2006, Wiley, who speaks Mandarin fluently, found himself expanding his re-examinations on the history of portraiture to include the vocabulary of political propaganda, which he first encountered travelling as a child on an art camp to Saint-Petersburg, Russia.
“While interested in working in China, Wiley felt it was important for the paintings to embody a specific reference to Chinese culture. In his discovery of historic propaganda posters from China’s Cultural Revolution, Wiley found a correlation between the ways in which African American identity has and continues to be manufactured and manipulated by both the media and society, and how Chinese national identity was distorted during the Maoist era. (...) These posters, and the ideas they generated, provided Wiley with the contextual basis for his series. As in his earlier pieces (wherein he recast masterworks by such artists as Titian and Tiepolo), Wiley positions contemporary young black men in historical stances, but now uses the propaganda posters as a departure point. Transforming these ordinary men into figures of heroic stature, Wiley’s models (whom he recruited from neighborhoods around United States and photographed) are represented in everyday clothing and surrounded with painterly patterns now inspired by Chinese landscape painting, antique textiles, and ceramic designs.”
Jennifer Jankauskas , Associate curator of exhibitions, John Michael Kohler Arts Center, from J. Jankauskas, G. Tate, P. Miller, Kehinde Wiley, the world stage: China, New York, 2007.
An African American man, with a Nigerian father, revisiting Eurocentric tropes in art history out of multiple studios in Beijing, New York and Dakar: Kehinde Wiley the artist, much like the work, bridges worlds and draws us to reconsider preconceived notions of identity, class and gender roles. In Encourage good manners and politeness, Brighten up your surroundings with plants (????????), 2007, the Chinese girl holding a young plant in the original poster is replaced by a young Black man. They are caught in the same gesture, and yet they are different: while the young girl’s eyes are lowered to the burgeon in her hands, the young man stares directly at the viewer, implying multiple layers of meaning reminiscent of masters of Flemish painting such as Peter Brueghel. The work employs the same chrysanthemum background as our painting, pointing to the meaning of this specific flower in Chinese culture, tied to purity and nobility of character. Chrysanthemum is the flower that elegantly blooms in autumn, leaving other flowers to vie for attention in the spring. To see this motif repeated on red background in our portrait of a young man, introduced to us by way of his first name: Ivelaw, invites the viewer to bestow the same qualities to the young Black man depicted, an effect further emphasized by the figure’s pointed chin and calm, confident gaze. We may not know Ivelaw, but we know of him. A little research leads us to find him again, in a tender drawing, part of the collection of the Nasher Museum of Art at Duke University. Here and there, present but out of reach, the overall impression of calm affirmation is further reinforced by the dimensions of the present work, intimate in scale, inviting contemplation and a subtle affirmation of character, in contrast to the monumental scale usually favoured by the artist - a certain embodiment of coolness as a moral quality, as described by Robert Farris Thompson in his seminal book Flash of the spirit: African and Afro American Art and Philosophy.

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