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Lot 10 - Rare anneau sigillaire en or niellé et gravé avec, intaille en cristal de roche de [...]

Estimation : 40 000 € / 60 000 €

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Rare anneau sigillaire en or niellé et gravé avec, intaille en cristal de roche de Benoît, abbé de, l’abbaye bénédictine de Farfa (Latium). Chaton, de forme circulaire serti d’une intaille en cristal, de roche entourée de l’inscription S[IGILLUM], . BENEDICTI . AB[BATIS] . FARFENSI[S]
(«Sceau de Benoît, abbé de Farfa») accompagnée, d’une croix pattée ; intaille de forme carrée, représentant la façade d’une abbaye flnquée, de deux tours rondes ; épaules ornées de motifs, niellés : croix pattée entourée d’un cercle et, rinceaux stylisés.
Empire carolingien, vraisemblablement réalisé, dans un atelier de Constantinople, premier tiers, du IXe siècle, vers 810/15, H 2,6 × L2,5 cm, Poids : 31,4 g
(légers manques au nielle)
Provenance : Ancienne collection du Prince, Ludovico Spada Veralli Potenziani di Rieti, Rome, Ancienne collection Louis-Henri-Emile Moutier, Paris, en 1919, Ancienne collection Gustave Schlumberger
(1844-1929)
Collection privée, France, Bibliographie : H. Keystone, Byzantine and, carolingian gold, 1981, Ce lourd anneau d’or est à rapprocher d’une bague avec une intaille en émeraude, conservée au Cabinet des Médailles présentant un décor niellé analogue sur les épaules, un, monogramme cruciforme remplaçant la croix pattée (Schl.126) (fi. a et b). Ces deux bijoux, ont appartenu au grand historien byzantiniste Gustave Schlumberger (1844-1929). Outre la, bague byzantine, d’autres pièces de sa collection ont été léguées à la Bibliothèque Nationale, après son décès. L’inscription gravée sur l’anneau du Cabinet des Médailles indique qu’il a, appartenu à un certain Basile, parakoimômène de l’empereur. Les historiens d’art s’accordent, à reconnaître Basile le Macédonien promu parakoimômène, c’est-à-dire chef du service de, la chambre impériale, puis coempereur en 866 et seul empereur, l’année suivante, après, avoir assassiné Michel, fondant la dynastie «macédonienne». Grace à cette attribution, les, conservateurs de la BN situent sa réalisation vers 865- 866. L’anneau sigillaire est quant à, lui plus ancien car son propriétaire, l’abbé Benedetto I, a été à la tête de l’abbaye de Farfa de, 802 jusqu’à sa mort en 815. Cet abbé, qualifi comme Le Très Sage, est resté dans l’histoire, de l’abbaye pour avoir enrichi ses biens en meubles sacrés et sa bibliothèque en nombreux, codex. Luttant beaucoup pour défendre les droits de l’abbaye, il mourut à Francfort où il était, venu pour être l’interprète auprès de Ludovic le Pieux des privilèges du monastère. Il fut sans, aucun doute l’abbé ayant exercé son pouvoir durant la période de la plus grande splendeur de, Farfa.
Cette abbaye, distante d’une quarantaine de kilomètres de Rome, a été fondée au début du, VIe siècle. Saccagée vers la fi du siècle par le duc de Spolète, ce n’est qu’à partir de 775, avec la conquête de la région par Charlemagne, qui la prend alors sous son contrôle, que la, prospérité revient. Elle exerce alors sa protection politique sur toute l’Italie centrale, ce qui, correspond à plus de 600 églises et couvents, 132 châteaux et églises fortifies, 300 villages, et également une fltte navale exempte de taxes et d’impôts. Un inventaire du trésor réalisé, dans la troisième décennie du IXe siècle dénombre, outre un ciboire en onyx et un petit coffe, en or très pur orné de pierreries, don de Charlemagne, plusieurs croix en or, quatorze calices, en argent et quatre sceaux en or.
L’anneau sigillaire de l’abbé Benedetto était vraisemblablement l’un de ces quatre sceaux. Son, lieu précis de réalisation n’est pas aisé à défiir. La qualité de gravure de l’inscription, avec, ses caractères romains tracés sans aucune hésitation, rappelle la manufacture impériale. La, technique du nielle (mélange de souffe, cuivre, argent et plomb) a été par contre très utilisée, dans l’orfèvrerie byzantine pour mettre en valeur le décor. Concernant l’intaille, on connait le, développement au IXe siècle en occident, après la crise iconoclaste, de la gravure des intailles, carolingiennes en cristal de roche. Celle-ci, outre l’intérêt que constitue sa rareté, donne une, image de la façade de l’abbaye telle qu’elle se présentait au début de l’époque carolingienne, flnquée de tours rondes au toit conique. Or, cette façade n’a pas résisté très longtemps et a, été détruite dès le début des incursions sarrasines du IXe siècle en Italie. Malgré la brièveté, de son existence, cet aspect de l’abbaye, à son apogée, a marqué les consciences collectives, devenant l’emblème de ses armoiries. Porté sur un gant, lors des grandes cérémonies, cet, anneau est particulièrement prestigieux, ayant appartenu à un abbé d’une abbaye qui reçu la, visite de Charlemagne en Noël 800 peu avant son couronnement à Rome par Léon III.
Une longue analyse de Pino Cellini, célèbre découvreur de faux, sera remise à l’acquéreur.
Ouvrages consultés : D. I. Boccolini, L’abbazia di Farfa, Rome, 1932, pp. 61-62 ; Exposition, Paris, Byzance – L’art byzantin dans les collections publiques françaises, Musée du Louvre, novembre 1992 – février 1993, cat ; M. Costambeys, Power and Patronage in Early Medieval, Italy, Cambridge, 2007, pp. 230-231.

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Thème : Bijouterie, Joaillerie, Gemmes, Montres Ajouter ce thème à mes alertes