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Lot 12 - Crosse en cuivre ciselé, gravé et doré, pierres, dures (grenat et cristal de [...]

Estimation : 80 000 € / 100 000 €

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Crosse en cuivre ciselé, gravé et doré, pierres, dures (grenat et cristal de roche). Crosseron, composé de deux parties : un enroulement, de section cylindrique gravé de cinq bagues, dont le diamètre s’amenuise progressivement, vers l’extrémité auquel est rattachée par une, goupille une terminaison en forme de protomé, de lion ; tête du lion à la gueule ouverte, au, mufl ramassé, aux petites oreilles rondes et, aux yeux incrustés de cristal de roche, entourée, d’une crinière stylisée, formant une collerette, et traitée en rangées d’écailles parallèles sur le, cou ; nœud en sphère aplatie riveté à sa partie, inférieure et souligné par une moulure plate, ornée de huit cabochons arrondis alternant, les grenats et les cristaux de roche ; douille, moulurée portant l’inscription INVS . MART, / NEPETIS . EPISC (INVS[UM] MART[INO], NEPETIS EPISC[OPI] «A l’usage de Martino, évêque de Nepi») de part et d’autre d’une croix, aux branches épatées.
Italie, Latium, dernier quart du XIIe siècle, 1178 - 1183, H 23,2 cm, Soclée
Provenance : Ancienne collection Elia Volpi, antiquaire, Florence, jusqu’en 1916-17, Ancienne collection, Etats-Unis, jusque dans les, années 1930, Collection privée, France, Insigne emblématique d’un évêque, la crosse adopte à partir de la fi du XIe siècle la forme d’une volute, se rattachant à une douille par un nœud. Les artistes qui la façonnent, ivoiriers, sculpteurs ou orfèvres, consacreront particulièrement leur imagination créative au décor du crosseron. Ce décor peut être complexe, jusqu’à abriter une scène, comme une Annonciation, une Crucifiion ou une Adoration des Mages, mais, également plus simple, de thème flral ou animalier. Pour ce dernier thème, les artistes ont recours à, diffrents animaux, parfois fantastiques (dragon, licorne, basilic …) mais également traditionnels, l’Agneau, pascal étant le plus fréquemment représenté. La fiure du lion se rencontre assez souvent ; on le voit très tôt, sur certains taux, forme primitive du bâton pastoral. Celui en ivoire de l’évêque Géraud de Limoges mort, brutalement en 1022, conservé à l’abbaye de Charroux (Vienne)
avec ses deux extrémités s’achevant par des, protomés de lion, en donne un bon exemple. Les ateliers limousins qui produisirent un grand nombre de, crosses en émail champlevé ont été très inventifs en la matière. Un bel exemple provenant de la collection, Dutuit, avec un lion dont la queue est mordue par un serpent, est visible au Petit Palais (fi.). Le symbolisme, du lion dans le christianisme revêt plusieurs sens. Il peut signifir en efft l’Incarnation, la Résurrection ou, la Miséricorde divine. Il était considéré ainsi comme représentant le Christ.
La tête de lion de cette crosse en cuivre doré est vigoureusement ciselée et gravée. De proportions ramassées, avec sa collerette, sa gueule entrouverte montrant les crocs et ses petites oreilles arrondies, elle rappelle les, interprétations plus anciennes moyen-orientales ou romaines.
Nepi est une petite ville épiscopale située dans le Latium, dans la province de Viterbe. Sa cathédrale est, dédiée à sainte Marie de l’Assomption et à sainte Anastasie ; son évêché remonte à une origine très ancienne, puisque son premier évêque aurait été ordonné, selon la tradition, par l’apôtre Pierre en personne. L’évêque, Martino, connu également sous le nom d’Alexandre III, y siégea de 1178 à 1183. On sait peu de chose sur, son activité sauf qu’il s’adressa au début de son épiscopat aux consuls et à la population de Nepi pour les, protéger des ennuis que leur causait le fis du Marquis de Monferrat suite à l’aide qu’avaient apportée les, nepesini aux habitants de Viterbe ; on sait également qu’il assista au Concile de Latran en 1179.
Cette rare crosse est passée entre les mains du grand marchand d’antiquités de Florence Elia Volpi (1858-, 1938)
célèbre pour avoir restauré le palazzo Davanzati et l’avoir meublé d’objets d’art. Cette pièce d’orfèvrerie, médiévale serait arrivée dans la collection américaine vers les années 1916-1917, date correspondant à la, vente mémorable que l’antiquaire flrentin organisa à New-York de l’entier mobilier, sculptures, tapis, tapisseries, majoliques et tissus du palazzo Davanzati.
Ouvrages consultés : C. L. Richard, Dictionnaire Universel, dogmatique, canonique, historique … , Paris, 1761, T, IV, p. 48 ; P.F. Kehr, Italia pontifiia, Ed. Berolini, 1907, II, p. 177, nº 4 ; Abbé R. Aigrain, Liturgia, Paris, 1947.

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Thème : Dinanderie (objets cuivre, laiton, étain Ajouter ce thème à mes alertes